Rosas danst Rosas

Dans le cadre du Festival TranscenDanse.

Chorégraphie Anne Teresa de Keersmaeker

Dansé par Moya Michael, Tale Doven,Elizaveta Penkova, Sue-Yeon Youn
Créé par Anne Teresa de Keersmaeker, Adriana Boriello, Michèle Anne De Mey,Fumiyo Ikeda

Musique Thierry De Mey, Walter Hus, Erich Sleichim, Peter Vermeersch

La musique, métallique, minimale et répétitive, s’arrête rapidement. La danse du premier tableau, également minimale et répétitive trouble un peu le spectateur. Les danseuses sont allongées, tous les mouvements se font à partir de la partie supérieure du corps, dans un silence seulement entrecoupé de leur souffle. Soupirs d’une nuit agitée, sans sommeil profond ? Trop de fatigue, trop d’inquiétude ? Longue nuit…

Dans le deuxième tableau, les danseuses sont assises sur des chaises. La musique a repris. Cette posture assise permet des gestes à la fois plus amples et très saccadés. Des gestes significatifs apparaissent comme fondamentaux : rejet des cheveux en arrière avec la main (geste omniprésent), main posée rapidement sur un sein, comme pour revendiquer la féminité qui semble être volée à ces femmes dans une activité harassante, qui ont à peine le temps de se faire un signe, et qui se prolonge jusqu’à l’épuisement. On peut penser à un travail d’ouvrières à la chaîne.

Puis, le corps se redresse : la volonté de résister à la condition qui leur est faite s’impose peu à peu. Les mouvements amples alternent avec des bras crispés et des poings serrés. Le désir de féminité avec l’impossibilité de son expression, avec la frustration ?

C’est presque l’histoire de la féminité qui nous est contée dans « Rosas danst Rosas ». L’histoire d’une femme (déclinée en quatre danseuses) ?

Un très beau spectacle, durant lequel le spectateur ne peut qu’être très impressionné par l’extraordinaire prestation et la merveilleuse qualité des danseuses, dont chaque personnalité s’affirme malgré la similitude de leurs postures.

Voir en ligne : http://www.rosas.be/