Panorama vivant de Saint Nazaire

Un beau panorama vivant de Saint Nazaire, la nuit du 6 janvier. J’aime beaucoup ces images. C’est magnifique comme ville.

L’usine Cargill semble flotter et, faute de vent, a réduit la voilure. Seul ronronnent ses moteurs d’un son lancinant qui n’en finit jamais. Elle semble éternelle et de tous temps. Pourtant, comme un château de tôles, personne ne s’étonnerait qu’elle coule à tout moment.

Les couleurs des premiers plans avec Villès et le pont sont magnifiques. Les pêcheries avec le pont de St Naz à l’arrière plan se complètent. Deux temps, deux mesures et pourtant, ils sont liés en estuaire.

Les différents ponts et passerelles, avec cycliste voiture et piéton, sont très habités. Ils ne semblent pas suspendus mais bien des liens entre les gens.

C’est aussi ça St Naz, de l’eau, du bitume, des ponts et des immeubles de chaque époque, de la villégiature aux usines et l’océan qui les unis et les sépare à la fois. En moins d’1/4 d’heure de temps, on passe de l’aliénation du travail au ressourcement de soi face à l’océan.

Une ville contrastée, unie.

Une ville d’îles en continent, de bassins en quartiers, de ponts en passerelles, d’usines en plages, d’immeubles en maison, où l’océan lèche le bitume.

Nous y sommes captivé ou ennuyé, enveloppé ou assommé, réjouit ou mélancolique. D’états d’âme en états d’âme, les piliers des ponts restent, les usines fabriquent et ses habitants l’aiment.

Vera Brey